Un message pour celles et ceux qui me lisent

À vous qui me suivez, qui me lisez, qui m’accompagnez parfois depuis longtemps, je souhaite une année 2026 sincère et lumineuse.

Une année où l’on apprend à se respecter autant que l’on donne. Où l’on ose dire « non » quand c’est nécessaire.

Où l’on accepte sa sensibilité comme une richesse à protéger.

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Le temps du recentrage

Changer de cap ne se fait pas toujours dans le bruit. Parfois, c’est un mouvement intérieur, presque imperceptible, mais irréversible. En ce début d’année, je ressens ce besoin profond de revenir à l’essentiel. De me recentrer sur ce qui fait sens pour moi, sans me perdre dans les attentes ou les projections des autres.

Je suis quelqu’un de sensible. Même hypersensible. Je ressens fort. Les mots, les silences, les intentions. Cette sensibilité a toujours nourri mon travail artistique, mais elle m’a aussi parfois poussée à aller trop loin pour les autres, au détriment de mon propre équilibre.

Aujourd’hui, je choisis de l’écouter autrement.

Créer pour soi, enfin

Créer pour soi, ce n’est pas se fermer. C’est se retrouver. C’est redonner de la valeur à son intuition, à son rythme, à son engagement. C’est accepter de ralentir pour mieux écouter ce qui vibre encore.

Pendant longtemps, j’ai donné, partagé, soutenu. J’ai parlé des autres, mis en lumière leurs projets, accompagné leurs parcours. Souvent avec sincérité, toujours avec bienveillance. Mais avec le temps, j’ai compris que cette générosité n’était pas toujours réciproque. Que l’écoute, parfois, ne revenait pas. Et que ma sensibilité me faisait accepter des déséquilibres que je n’aurais pas dû normaliser.

Créer pour moi, aujourd’hui, c’est remettre cet équilibre au centre.

Décembre, l’intensité… et la faille

Décembre a été intense. Comme souvent. Les spectacles se sont enchaînés, les costumes ont vécu, les émotions aussi.
Mais au milieu de cette effervescence, quelque chose s’est fissuré.

Des situations se sont mises en place sans que j’en sois informée ni consultée. Rien de grave en soi. La scène continue, les dates doivent être honorées. Pourtant, les mots employés autour de cette situation m’ont blessée. Pas l’acte. Les mots.
Et cette phrase qu’on me dit, en réponse à ma question, presque comme une évidence : « ça ne me concerne pas ». Une phrase courte, mais lourde de sens, qui a laissé un silence là où j’aurais attendu une présence.

Avec le recul, cette phrase a pris une autre dimension. Car j’ai réalisé combien de fois, moi, je me suis sentie concernée par ce qui ne me concernait pas directement. Combien de fois j’ai pris à cœur, soutenu, porté, arrangé, par engagement, par sensibilité, par loyauté. Cette prise de conscience a tout changé.

Je ne me suis pas sentie défendue. Je me suis sentie mise de côté. Et pour une personne hypersensible, ce type de décalage résonne fort. Parce que l’on donne beaucoup. Parce que l’on s’investit pleinement. Et parce que l’on attend, non pas des privilèges, mais du respect.

Cet épisode a créé une rupture intérieure. Une prise de conscience essentielle : apprendre à dire « non ». Ne plus laisser la sensibilité devenir une porte ouverte à ce qui dépasse mes limites. Ne plus confondre compréhension et acceptation. Ne plus laisser les autres décider, gérer ou s’occuper de ce qui me concerne directement.

Ne plus me laisser manipuler, même subtilement, même sans mauvaise intention apparente.

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Janvier, mois de réparation

Après cette intensité, le corps réclame du calme. L’esprit aussi. Janvier devient alors un mois à part. Un mois avec peu de projecteurs, mais pas sans lumière. Quelques scènes subsistent, choisies, mesurées. Juste ce qu’il faut pour rester en mouvement sans me perdre.

Je commence l’année en nettoyant et en réparant les costumes qui ont souffert pendant les fêtes. Les tissus marqués, les fermetures fatiguées, les strass à replacer. Ce travail minutieux, presque méditatif, me reconnecte à l’essence de mon métier.

Chaque réparation devient un geste symbolique. Prendre soin de ce qui a été abîmé. Redonner de la valeur à ce qui a servi. Comme on le ferait avec soi-même.

Les costumes comme témoins de la scène

Un costume n’est jamais neutre. Il garde la mémoire des lumières, des musiques, des applaudissements. Il porte aussi les moments plus fragiles, les tensions invisibles, les silences.

Les réparer, c’est honorer cette mémoire. C’est reconnaître ce qui a été vécu, sans le nier, sans le dramatiser. Et c’est aussi refermer certaines parenthèses pour pouvoir avancer plus sereinement.

Faire moins, mais faire juste

Ce nouveau départ n’est pas une pause. C’est un réalignement. Une manière plus saine d’habiter mon travail. Je choisis désormais de travailler moins, mais mieux. D’accepter moins, mais en conscience.

Cela signifie apprendre à dire non sans culpabilité. Ne plus donner systématiquement sans retour, sans écoute, sans reconnaissance.

Ma sensibilité n’est pas une faiblesse. Elle demande simplement un cadre plus juste.

Le respect de soi comme ligne directrice

Avec le temps, j’ai compris que le respect de soi est la base de toute création durable. Pour une personne hypersensible, ce respect est vital. Sans lui, l’épuisement guette. Avec lui, la création retrouve toute sa force.

Cette nouvelle année commence sous le signe de cette conscience apaisée.
Plus lucide. Plus ancrée. Plus libre.

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Continuer, autrement

La scène ne disparaît pas. Elle se transforme. Comme toujours. Ce nouveau chapitre s’écrit avec plus de calme, plus de conscience, et une exigence intacte.

Créer, réparer, avancer pour moi. Et partager, lorsque le moment sera juste.