
Quand le duo fait battre le cœur du spectacle
Sur scène, je ne cherche pas à empiler des numéros. Ce qui m’anime profondément, c’est le spectacle vivant, celui qui avance, qui respire, qui ne se fige jamais. Et c’est exactement pour cela que le duo occupe une place si essentielle dans mon travail.
Avec Tony Parkan, nous ne sommes pas simplement deux artistes côte à côte. Nous formons un duo pensé comme un mouvement continu. Être deux, pour moi, c’est permettre au spectacle de rester en vie du début à la fin.

Deux artistes pour faire respirer les chansons
Travailler en duo change profondément mon rapport aux chansons. À deux, elles cessent d’être figées. Elles deviennent des matières vivantes que l’on peut modeler, étirer, murmurer ou faire éclater.
Dans un spectacle comme CALINEment TONYk, cette liberté est presque instinctive. Les titres se transforment, se répondent, parfois se détournent. Une chanson peut devenir un dialogue, un jeu de regards, un terrain d’expression partagé. Le public n’écoute plus seulement une interprétation, il assiste à une rencontre.
Le temps comme allié, jamais comme contrainte
L’un des grands bonheurs du duo, c’est cette sensation que le temps travaille avec nous.
Pendant que l’un est sur scène, l’autre se prépare. Pendant que la voix habite l’espace, la métamorphose s’opère en silence.
Dans certaines formes plus intimes, comme Or du Temps, cette alternance prend une douceur particulière. Le rythme est posé, enveloppant, presque confidentiel. La voix porte la mémoire, pendant que je prépare la suivante apparition. Rien ne s’interrompt, tout se prolonge.
Le public ne voit pas les changements, mais il sent que le spectacle continue à vivre, même quand il croit être dans une respiration.


Revenir ensemble, créer un fil invisible
Ce que j’aime profondément dans le duo, ce sont ces retours à deux. Après un passage solo, après une transformation, se retrouver sur scène donne du sens à ce qui précède. Le duo devient un point de repère, un fil invisible qui relie les tableaux entre eux.
Dans des formats plus épurés comme Écrin et Diamant, ces retrouvailles prennent une autre saveur. Elles sont plus discrètes, plus précieuses, presque suspendues. Mais leur rôle est le même : rassembler ce qui a été vécu séparément.
Penser le spectacle comme une traversée
Être en duo m’a appris à penser chaque spectacle comme une traversée plutôt que comme une succession. La voix n’est pas là pour combler un silence, pas plus que la transformation n’est là pour illustrer une chanson. Tout s’entrelace.
Cette construction donne au public une sensation très particulière : celle de ne jamais sortir de l’histoire. On ne passe pas d’un numéro à un autre, on avance, simplement, guidé par une énergie qui change de forme mais ne s’éteint jamais.


Pourquoi ce duo me ressemble
Ce duo, c’est moi.
Il correspond à ma manière d’être sur scène : généreuse, mouvante, attentive au rythme et aux émotions. Je n’aime pas les cadres figés. J’aime quand la scène vit, quand elle s’adapte, quand elle dialogue avec le public.
Être deux, ce n’est pas faire plus.
C’est faire juste, ensemble.
Et tant que je sentirai cette circulation entre la voix, la transformation et le regard du public, je saurai que le spectacle est exactement là où il doit être : vivant.
Partager le vivant
Quand je joue en duo, je ne me contente pas de présenter un spectacle.
J’invite le public à entrer dans un mouvement, dans une histoire qui se construit en direct.
Et quand, à la fin, je sens que l’émotion a voyagé de la scène à la salle et qu’elle nous relie tous, je sais que le duo a rempli son rôle :
faire du spectacle un moment vivant, partagé, et profondément humain.




