Décembre, l’intensité… et la faille
Décembre a été intense. Comme souvent. Les spectacles se sont enchaînés, les costumes ont vécu, les émotions aussi.
Mais au milieu de cette effervescence, quelque chose s’est fissuré.
Des situations se sont mises en place sans que j’en sois informée ni consultée. Rien de grave en soi. La scène continue, les dates doivent être honorées. Pourtant, les mots employés autour de cette situation m’ont blessée. Pas l’acte. Les mots.
Et cette phrase qu’on me dit, en réponse à ma question, presque comme une évidence : « ça ne me concerne pas ». Une phrase courte, mais lourde de sens, qui a laissé un silence là où j’aurais attendu une présence.
Avec le recul, cette phrase a pris une autre dimension. Car j’ai réalisé combien de fois, moi, je me suis sentie concernée par ce qui ne me concernait pas directement. Combien de fois j’ai pris à cœur, soutenu, porté, arrangé, par engagement, par sensibilité, par loyauté. Cette prise de conscience a tout changé.
Je ne me suis pas sentie défendue. Je me suis sentie mise de côté. Et pour une personne hypersensible, ce type de décalage résonne fort. Parce que l’on donne beaucoup. Parce que l’on s’investit pleinement. Et parce que l’on attend, non pas des privilèges, mais du respect.
Cet épisode a créé une rupture intérieure. Une prise de conscience essentielle : apprendre à dire « non ».
Ne plus laisser la sensibilité devenir une porte ouverte à ce qui dépasse mes limites.
Ne plus confondre compréhension et acceptation.
Ne plus laisser les autres décider, gérer ou s’occuper de ce qui me concerne directement.
Ne plus me laisser manipuler, même subtilement, même sans mauvaise intention apparente.