
Quand le personnage s’efface, l’émotion reste
Pendant tout le spectacle, j’étais Miss Caline. Puis vient le dernier numéro, celui où le mouvement s’inverse. Devant le public, le maquillage disparaît peu à peu et, derrière le personnage, je me laisse réapparaître. Un final devenu l’un de mes numéros-signature.
Note : Les images utilisées pour illustrer cet article ont été créées à l’aide de l’intelligence artificielle, à partir de photographies et d’éléments liés à mon univers artistique.

La transformation… dans l’autre sens
Avant d’entrer en scène, il y a toujours ce moment devant le miroir. Le maquillage, la coiffure, le costume, les bijoux… peu à peu, Miss Caline apparaît.
Cette transformation est une partie essentielle de mon métier d’artiste transformiste, mais pendant le spectacle, le public ne voit plus cette préparation. Il voit simplement les personnages, les costumes, les chansons, les rires et les émotions.
Puis arrive le dernier numéro.
Je pourrais retourner dans ma loge, fermer la porte et me démaquiller tranquillement. Ce serait d’ailleurs beaucoup plus pratique ! 😄
Mais j’ai choisi de rester sur scène et de faire de ce geste de coulisses un véritable moment de spectacle.
Le maquillage disparaît progressivement et mon visage réapparaît.
Pour autant, je n’ai jamais l’impression que Miss Caline disparaît complètement. Elle est aussi dans ma façon de construire mes spectacles, dans mon humour, mes choix artistiques et dans toutes ces années passées sur scène.
Une chanson choisie pour raconter cette histoire
Le démaquillage est un grand classique du spectacle transformiste. Certaines chansons sont d’ailleurs devenues des références pour accompagner ce moment, comme « Comme ils disent » de Charles Aznavour, « Je ne suis qu’une chanson » de Ginette Reno ou encore « Profession artiste » de Michèle Torr.
Ce sont des titres que j’interprète moi aussi à la demande. Mais pour mon propre final, j’aime surprendre et proposer quelque chose de plus personnel.
J’ai la chance d’avoir « Le Transformiste », une chanson écrite et composée par Stefan Delly, spécialement pour moi et personnalisée à mon univers.
Cela change forcément ma manière de vivre ce final. Les paroles ne sont pas simplement là pour accompagner mon démaquillage : elles racontent elles aussi une partie de mon histoire.
Une phrase, un regard, un geste… tout finit par se répondre.

C’est d’ailleurs toute la différence entre simplement interpréter une chanson et la transformer en véritable numéro, un travail que je raconte également dans Quand une chanson devient un numéro.
Même si je connais chaque mot, certaines paroles peuvent encore me toucher différemment selon la soirée, le public ou tout simplement ce que je vis à ce moment-là.

Quand la salle change
C’est quelque chose que je ressens très souvent.
Après les rires, les applaudissements et l’énergie du spectacle, un silence différent s’installe dans la salle.
Les regards changent. Certains sourires deviennent plus tendres et, parfois, quelques yeux commencent à briller.
Cette émotion du public, je la reçois aussi sur scène.
Je connais parfaitement mon numéro, mais je ne sais jamais exactement comment je vais le terminer. Parce qu’aucun public n’est identique et qu’aucune soirée ne raconte exactement la même histoire.
C’est aussi ce qui fait qu’un spectacle transformiste reste vivant : ce qui se passe entre la scène et la salle ne peut jamais être totalement écrit à l’avance.
Certaines paroles peuvent alors résonner beaucoup plus fort.
Des larmes au cœur… et parfois aux yeux
Je termine souvent ce numéro avec des larmes au cœur.
Et parfois, elles arrivent jusqu’aux yeux.
Ce ne sont pas nécessairement des larmes de tristesse. C’est l’émotion d’une soirée qui se termine, d’un moment partagé avec le public, de certaines paroles qui me touchent et de ce personnage que je laisse doucement derrière moi.
Je ne cherche pas à cacher cette émotion.
Elle n’est pas jouée.
Et lorsque je vois qu’elle traverse également la salle, la frontière entre le public et la scène semble disparaître pendant quelques instants.
Il reste simplement une émotion que nous partageons.


Miss Caline et moi
On me demande parfois où s’arrête Miss Caline et où commence Pascal.
Après plus de vingt ans, je ne suis pas certain qu’il existe une frontière parfaitement nette entre les deux.
Miss Caline est née de moi, mais elle m’accompagne depuis une grande partie de ma vie. Elle m’a permis de monter sur scène, de rencontrer des milliers de personnes, de faire rire et parfois d’émouvoir.
Alors lorsque je me démaquille devant le public, je ne lui présente pas deux personnes différentes.
Je lui montre simplement les deux côtés d’une même histoire.
Le dernier geste
Il existe mille façons de terminer un spectacle. On pourrait ajouter encore plus de lumière, de costumes, de plumes et de spectaculaire.
J’ai choisi de faire l’inverse.
J’enlève plutôt que j’ajoute.
Le maquillage disparaît, les paroles continuent et mon visage réapparaît peu à peu.
Pendant tout le spectacle, j’étais Miss Caline.
Et pour le dernier numéro, c’est Miss Caline qui se transforme pour me laisser réapparaître.
C’est peut-être simplement ma façon de refermer le rideau.
Non pas en faisant disparaître l’illusion…
mais en vous montrant qui se cachait derrière.

Et si nous partagions un jour cette émotion ?
Un spectacle ne se résume pas à ce qui est prévu sur une feuille ou répété avant l’ouverture du rideau. Il y a aussi tout ce qui naît sur le moment : un regard, un rire, un silence, une émotion inattendue.
C’est cette rencontre avec le public qui donne à chaque représentation sa propre histoire.
Vous préparez un événement et souhaitez y faire entrer un peu de cet univers ?