
Rien ne se construit seul
Dans une vie d’artiste, certaines personnes ouvrent des portes. D’autres vous révèlent à vous-même.
De l’étincelle à la métamorphose
Lorsque je repense à mon parcours, je ne vois pas une trajectoire solitaire. Je vois une succession de visages, de mains tendues, de regards qui ont cru en moi à des moments décisifs.
Miss Caline n’est pas née seule face à un miroir éclairé d’ampoules dorées.
Elle est le fruit de rencontres.
Des rencontres qui orientent. Qui révèlent. Qui transforment.

La première rencontre : la scène
À l’origine, il y avait Pascal. Curieux, touche-à-tout, passionné de mouvement et d’expression. J’ai exploré plusieurs métiers, plusieurs univers. Mais un soir de Nouvel An, tout a basculé. On m’a lancé un défi presque léger : monter sur scène.
Ce n’était qu’un instant. Pourtant, quelque chose d’immense s’est produit.
Le public. La lumière. Le trac qui devient énergie.
J’ai compris ce soir-là que je ne montais pas simplement sur une scène. Je rencontrais une partie de moi qui attendait son heure.
Miss Caline n’est pas née d’un plan de carrière. Elle est née d’une rencontre.
Et ce fut la première grande métamorphose.
Gervais : celui qui voit l’artiste
Avant tout le reste, il y a Gervais Demachy.
Comédien de théâtre et chanteur, il possède cette capacité rare de percevoir le potentiel là où d’autres ne voient qu’une expérience passagère.
Là où je doute, il distingue une identité artistique.
Là où j’expérimente, il perçoit une direction.
C’est avec lui que Miss Caline est créée en 2005.
Pas seulement un nom. Une incarnation. Une structure. Une vision.
Il m’aide à affirmer une esthétique, à donner du sens à cette métamorphose, à comprendre que le transformisme peut devenir un véritable langage scénique.
Il est celui qui voit l’artiste en moi avant que je ne le voie pleinement.
Certaines rencontres n’imposent rien. Elles révèlent.


Une troupe de music-hall : l’école de la rigueur
Par la suite, j’intègre une troupe de music-hall.
En coulisses, j’occupe le poste de régisseur costumes.
Je découvre la précision absolue. L’importance du détail. La responsabilité discrète qui garantit la magie visible. Une fermeture mal ajustée peut fragiliser un numéro. Un accessoire bien préparé peut sublimer une apparition.
Je ne suis pas seulement dans l’ombre.
Je suis également acrobate dans le passages French-Cancan.
Le corps engagé. L’équilibre. La confiance totale envers ses partenaires. Porter et être porté. Travailler la force, la coordination, la discipline. Cette exigence physique transforme ma présence sur scène.
Cette période devient une école. Elle me structure. Elle me professionnalise. Elle m’apprend que le glamour repose sur une base solide.
Tony Parkan : la maturité artistique
Puis arrive Tony Parkan.
Avec Tony, la création prend une autre dimension.
Nos univers se rencontrent et s’équilibrent.
Ensemble, nous développons des numéros plus aboutis, plus audacieux. Les répétitions deviennent des espaces de recherche. Les idées circulent, se transforment, s’affinent.
Un duo demande écoute, confiance et exigence partagée.
Tony ne crée pas Miss Caline.
Il accompagne son évolution. Il participe à sa maturité artistique.


Quand une rencontre chorégraphie l’avenir
Certaines rencontres structurent une carrière. Celle avec Aurore Mourgues et sa compagnie Les Allumettes en fait partie. Depuis 2012, elle signe les chorégraphies de Les Stars Angels et Paris la nuit, et son regard a profondément façonné mon identité scénique.
Avec elle, le mouvement devient signature. Les tableaux prennent de l’ampleur, les costumes racontent une histoire, le glamour dialogue avec la modernité. Son exigence, sa précision et sa sensibilité ont élevé mes spectacles vers une nouvelle dimension visuelle et artistique.
Cette collaboration n’a pas seulement enrichi mes créations.
Elle a affirmé une direction.
Elle a solidifié un cap.
Une rencontre déterminante, qui continue encore aujourd’hui d’embraser la scène.
Les rencontres silencieuses
Il y a aussi celles et ceux que l’on ne cite pas toujours.
Les techniciens.
Les partenaires artistiques.
Les directeurs d’établissement.
Les proches qui encouragent.
Un simple “continue” peut consolider une vocation.
Une opportunité peut redessiner une trajectoire.
Rien ne se construit seul.
Le public : la rencontre perpétuelle
Et puis il y a vous.
Chaque représentation est une nouvelle rencontre. Même après toutes ces années, rien n’est automatique. Une salle ne ressemble jamais à une autre. Une énergie peut transformer un numéro. Un silence peut amplifier une émotion.
Je ne monte jamais sur scène face à un public.
Je monte sur scène avec lui.
Le public ne regarde pas seulement un spectacle.
Il le fait exister.


Les fondations
Aujourd’hui, si je devais résumer mon parcours, je dirais ceci :
Gervais révèle l’artiste.
La troupe m’enseigne la rigueur.
Tony enrichit la création.
La compagnie Les allumettes insuffle le mouvement et sublime la scène.
Le public nourrit l’émotion.
Miss Caline est le fruit de ces rencontres.
Et je continue d’avancer avec cette conviction profonde :
La prochaine rencontre pourrait encore tout transformer.
Et vous… quelle rencontre a changé votre vie ?




