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Miss Caline en costume de scène blanc et noir, devant une horloge géante, lors d'un spectacle transformiste.

Non, je ne dors pas avec mes perruques ! Les questions qu’on pose à un transformiste

Vingt ans de scène, des centaines de représentations, des milliers de rencontres… et toujours les mêmes questions !

Être artiste transformiste, c’est avoir la chance d’incarner des femmes extraordinaires, de faire voyager le public à travers la chanson, l’humour et les émotions. Mais c’est aussi susciter une curiosité parfois débordante !

Après un spectacle, il y a les compliments, les photos, les échanges chaleureux… et puis il y a LES questions. Celles qu’on me pose depuis vingt ans, celles qui me font sourire et celles auxquelles je ne peux pas résister à répondre avec une bonne dose de second degré. Parce qu’il faut bien l’avouer, j’aime autant faire rire sur scène qu’en dehors !

Alors aujourd’hui, exceptionnellement, je vous ouvre les portes de ma loge pour une petite séance de questions-réponses.
Promis, je ne vous ferai pas payer la consultation !

« Mais… vous vous maquillez tout seul ? »

C’est probablement l’une des questions qui revient le plus souvent. Eh bien oui ! Et heureusement, parce que si je devais attendre qu’une maquilleuse soit disponible à chaque représentation, je crois que certains spectacles commenceraient avec trois jours de retard… et qu’il faudrait prévoir un salaire supplémentaire dans le budget de l’organisateur !

Finalement, être son propre maquilleur, c’est aussi une façon de faire des économies. Bon, pas sur le maquillage, ça, je vous le garantis !

Pour donner vie à Miss Caline, il me faut environ une heure de maquillage… si je ne me rate pas ! Parce qu’il suffit parfois d’un trait d’eye-liner un peu trop enthousiaste pour devoir recommencer une partie du travail.

Le maquillage de scène, ce n’est pas simplement un peu de fond de teint et deux coups de mascara. Il faut transformer les traits, jouer avec les ombres, les lumières, les couleurs et les expressions. Tout doit être pensé pour être visible jusqu’au dernier rang.

Et contrairement à ce que certains imaginent, je n’ai pas une petite baguette magique qui fait apparaître Miss Caline en trente secondes. Quoique… après vingt ans, je commence à connaître quelques raccourcis !

Miss Caline sur scène, avec un maquillage féminin prononcé, une longue perruque noire et un microphone levé.
Jambes de Miss Caline en collants résille et escarpins argentés à strass et talons aiguilles, lors d'un spectacle transformiste.

« Et vous faites comment pour marcher avec des talons ? »

Celle-là, je l’entends depuis vingt ans ! Et je dois avouer que, selon mon humeur, j’ai deux réponses favorites.

La première, avec le plus grand sérieux du monde :
« Mes chaussures sont motorisées ! » Et le plus drôle, c’est que certaines personnes m’ont déjà répondu, très sérieusement : « Ah, je comprends mieux ! » Et là, je me demande parfois si je dois leur expliquer que je plaisante… ou les laisser imaginer mes escarpins équipés d’un petit moteur électrique !

Ma seconde réponse, lorsque je suis d’humeur un peu plus taquine :
« En mettant un pied devant l’autre ! » Généralement, il y a un petit silence… puis un éclat de rire. Parce que, finalement, comment voulez-vous répondre autrement à une question pareille ?

Bien sûr, marcher avec des talons demande un peu d’habitude, de l’équilibre et de l’entraînement. Mais après vingt ans de scène, c’est devenu presque naturel. Enfin, naturel jusqu’au moment où il faut descendre un escalier dans le noir, avec une robe qui traîne et une perruque qui menace de partir en vacances toute seule !

Là, même les chaussures motorisées ne peuvent plus grand-chose pour moi.

« Mais combien vous avez de perruques ? »

Voilà une question dangereuse, parce qu’elle m’oblige à faire un inventaire que je préfère généralement éviter !

Des blondes, des brunes, des courtes, des longues, des sages, des extravagantes… Chaque personnage possède son identité, son style et souvent sa propre coiffure. Une perruque, ce n’est pas seulement un accessoire. Elle participe à la transformation et permet parfois, en quelques secondes, de passer d’une personnalité à une autre.

Et je dois vous faire une petite confidence : certaines perruques, je les possède en double, voire en triple ! Non pas parce que j’oublie ce que j’ai déjà acheté, mais tout simplement parce que je les aime tellement que j’ai peur de ne plus jamais retrouver les mêmes !

Alors, quand je tombe sur LA perruque parfaite, je préfère prendre mes précautions. On ne sait jamais… Une rupture de stock est si vite arrivée ! C’est un peu ma façon de faire des réserves pour les jours sans cheveux !

Le véritable problème, finalement, ce n’est pas de savoir combien j’en possède. C’est de trouver où les ranger !

Et non, pour répondre à une autre question : je ne dors pas avec mes perruques. Elles aussi ont droit à leur repos.

En revanche, si un jour vous apprenez que j’ai déménagé dans un logement plus grand, ne cherchez pas : ce ne sera pas pour moi… ce sera pour elles !

Miss Caline sur scène avec une courte perruque rousse, une veste noire à revers satinés et les bras ouverts sous des projecteurs bleus et dorés.
Miss Caline sur scène en costume de cabaret blanc à strass, avec une immense coiffe à plumes violettes et blanches, les bras ouverts.

« Et comment vous faites pour les cacher ? »

Alors celle-là… elle revient régulièrement ! Il faut dire que certains spectateurs, intrigués par la transformation, finissent toujours par poser LA question un peu coquine. Vous savez, celle qu’on n’ose pas forcément poser à voix haute, mais à laquelle tout le monde semble vouloir connaître la réponse !

Et moi, avec mon air le plus sérieux, je réponds :
« Je suis monté en kit ! Alors je les dévisse et je les range dans ma valise. Elles doivent encore y être… Enfin, j’espère ! » Généralement, l’effet est immédiat : un grand éclat de rire ! Et bien entendu, il y a toujours quelques regards qui se dirigent discrètement vers mes bagages…

Je vous rassure, mes valises contiennent essentiellement des costumes, des chaussures, des perruques et une quantité impressionnante d’accessoires… mais aucun bijou de famille ! Quant au reste, je préfère entretenir le mystère.

Après tout, une dame ne dévoile jamais tous ses secrets… surtout quand ils sont rangés dans une valise… ou cachés sous une robe !

« Vous mettez combien de temps pour vous préparer ? »

Alors là, tout dépend de ce qu’on appelle « se préparer » ! Parce que si vous pensez qu’il suffit d’arriver une heure avant le spectacle, d’enfiler une robe, de poser une perruque et de monter sur scène… j’ai une petite surprise pour vous !

Une journée de spectacle commence souvent bien avant que le public ne s’installe.

D’abord, il faut préparer les costumes, vérifier les accessoires, les chaussures, les bijoux, les perruques et s’assurer que rien ne manque. Ensuite, place au chargement du véhicule. Et croyez-moi, entre les valises de costumes, les sacs de perruques, le matériel de sonorisation et les accessoires, on pourrait presque croire que je prépare un déménagement !

Sans oublier mon fameux sac d’urgence, véritable trousse de survie du transformiste : essuie-tout, laque, brosse, kit de couture, lingettes démaquillantes… Tout ce qu’il faut pour affronter les petits imprévus des coulisses.

Miss Caline sur scène en costume blanc à sequins et chapeau haut-de-forme noir, sous un projecteur, devant un décor doré.
Miss Caline sur scène en costume de cabaret à plumes noires, devant un immense éventail de plumes violettes et un décor argenté à paillettes.

Et puis, il y a les plumes ! Ces magnifiques éléments de costumes qui donnent tant d’allure sur scène, mais qui possèdent deux particularités absolument merveilleuses : elles sont indémontables et surtout… IMPLIABLES ! Autant vous dire que lorsqu’il faut charger le véhicule, elles prennent parfois plus de place que l’artiste lui-même !

(Petite parenthèse : je suis persuadé que les dossards de plumes ont été inventés par quelqu’un qui n’a jamais eu à charger un véhicule de spectacle de sa vie !)

Puis vient la route. Parfois quelques kilomètres, parfois plusieurs centaines. Une fois sur place, il faut décharger, découvrir les lieux, installer le matériel si nécessaire, vérifier les bandes-son, effectuer les balances et organiser la loge pour que chaque changement de costume puisse se faire rapidement.

Et parfois, découvrir que la loge annoncée est en réalité un petit débarras avec une chaise, une prise électrique et, avec un peu de chance, un miroir !

Ensuite seulement arrive le moment de la transformation : maquillage, perruque, costume, bijoux… Et enfin, les premières notes de musique retentissent. Le rideau s’ouvre, les projecteurs s’allument et Miss Caline entre en scène.

Pour le public, le spectacle commence. Pour moi, cela fait déjà plusieurs heures que je travaille !

Mais rassurez-vous, je ne me plains pas. Après tout, il faut bien quelques heures de préparation pour avoir l’air d’une femme qui n’a fait aucun effort pour être aussi élégante !

Miss Caline sur scène, déployant une grande cape noire sur une robe à sequins rouges et noirs, avec des escarpins rouges pailletés.
Miss Caline sur scène en robe multicolore à grands volants de satin, perruque rousse frisée et mitaines vertes, tenant un microphone.

« Et tous ces costumes, ils sont à vous ? »

Oui. Et je vous confirme qu’ils ne se rangent pas tout seuls !

Plumes, strass, robes, chaussures, bijoux, accessoires… Un spectacle transformiste demande une garde-robe qui ferait pâlir certains magasins de prêt-à-porter. Et chez moi, les choses ont pris une certaine ampleur !

J’ai une pièce de 15 m² entièrement consacrée à mon univers artistique, avec des dressings, des tiroirs, des rangements pour les bijoux et tout ce qu’il faut pour organiser costumes, perruques et accessoires. Autant vous dire que ce n’est plus vraiment une garde-robe… c’est presque une annexe des Galeries Lafayette !

Et comme cela ne suffisait pas, j’ai également un local réservé au matériel de sonorisation et aux câblages. Car derrière les robes à paillettes, il y a aussi des enceintes, des pieds, des câbles, des branchements et tout un équipement technique indispensable aux représentations.

Chaque costume correspond à un numéro, à une ambiance, à une intention artistique. Certains sont particulièrement spectaculaires. D’autres demandent des ajustements, des réparations ou des transformations.

Et puis il y a ce grand classique des coulisses : chercher pendant dix minutes un accessoire que l’on avait pourtant soigneusement préparé. Généralement, il est juste sous notre nez. Mais dans une pièce de 15 m² remplie de costumes, même Sherlock Holmes demanderait du renfort.

« Mais vous chantez vraiment ? »

Voilà une question intéressante, parce qu’elle permet d’expliquer une particularité du transformisme. Le transformisme peut prendre différentes formes : imitation, interprétation, playback, chant en direct, comédie ou danse.

Dans mes spectacles, j’aime avant tout incarner des personnages et raconter des histoires à travers les chansons.

Le playback, lorsqu’il est utilisé, n’est pas simplement le fait de remuer les lèvres sur une musique. Il demande une véritable interprétation, une précision gestuelle, une connaissance du texte et une présence scénique. Une chanson peut devenir drôle, émouvante, théâtrale ou complètement décalée selon la manière dont elle est interprétée.

Et lorsque le chant en direct rejoint le transformisme, comme dans mon spectacle Double Jeu, cela ouvre encore d’autres possibilités. Finalement, l’important n’est pas seulement de savoir d’où vient la voix, mais de savoir ce que l’artiste en fait ressentir au public.

miss caline transformiste chant interpretation scene
Miss Caline en tailleur bleu électrique, tenant un crayon géant rouge, dans un décor graphique noir et blanc, à côté d'un crayon jaune.

« Et à part ça, c’est quoi votre métier ? »

Celle-là, je dois reconnaître qu’elle me fait toujours sourire. Parce qu’après avoir expliqué que je fais des spectacles, que je parcours les routes, que je prépare mes costumes, mes musiques, mes personnages et mes représentations, on me demande parfois très naturellement :

« Oui, mais à part ça, vous faites quoi comme métier ? »

Alors, comment dire… Je suis artiste transformiste. C’est justement mon métier !

Il existe encore cette idée que monter sur scène serait forcément un loisir, une passion que l’on pratique le week-end, une fois sa « vraie » journée de travail terminée. Et il faut reconnaître que beaucoup de transformistes exercent effectivement un autre métier en semaine et se produisent le week-end, parfois même sans déclarer leurs prestations. Nous sommes finalement assez peu nombreux à exercer le transformisme comme une véritable profession déclarée.

Alors oui, c’est une passion. Heureusement, d’ailleurs ! Mais pour moi, c’est aussi mon métier à part entière, avec des heures de répétition, de création, de préparation, de déplacements, de travail administratif et toutes les responsabilités que cela implique.

Car lorsqu’on est artiste professionnel, il ne suffit pas d’enfiler une robe et d’attendre que le rideau s’ouvre. Il faut aussi répondre aux demandes, établir les devis, préparer les contrats, organiser les déplacements, gérer les factures, les déclarations, les cachets et toute la logistique des spectacles.

Bref, je suis à la fois artiste, costumier, organisateur, secrétaire, gestionnaire et parfois même déménageur !

Et tout ça pour avoir le droit de porter une robe pendant une heure et demie !

Alors, à la question « Et à part ça, c’est quoi votre métier ? », la réponse est finalement assez simple : « Artiste. Et croyez-moi, c’est déjà un métier à plein temps ! »

« Et quand vous enlevez tout ça, vous redevenez qui ? »

« Barbie le soir, barbu le matin ! »

Voilà une formule que j’aime particulièrement utiliser pour résumer ma vie d’artiste transformiste. Parce qu’il faut bien le reconnaître : entre Miss Caline sous les projecteurs, avec ses robes, ses perruques et ses faux cils, et Pascal au réveil, il y a parfois un léger changement de décor !

Le soir, les paillettes, le glamour, les talons et les belles toilettes. Le matin, le café, la barbe qui repousse et une apparence nettement moins hollywoodienne !

Mais derrière cette plaisanterie se cache aussi toute la magie du transformisme. Miss Caline est un personnage que je construis, que j’habille et que je fais vivre depuis plus de vingt ans. Et lorsque le spectacle se termine, je retrouve tout simplement Pascal.

C’est d’ailleurs ce que j’aime partager lors de mon démaquillage final : montrer que derrière le personnage, il y a un artiste, un être humain et beaucoup de passion.

Parce que les paillettes s’enlèvent, mais la passion, elle, reste !

Pascal, l'artiste derrière Miss Caline, photographié sans maquillage de scène, en veste kaki devant un mur gris.
Miss Caline seule sur scène, en longue robe noire et costume à grandes plumes roses, sous des projecteurs violets, un microphone à la main.

Et la question que personne ne me pose…

« Est-ce que vous avez encore autant de plaisir à monter sur scène après vingt ans ? »

La réponse est simple : oui !

Bien sûr, il y a la fatigue, les kilomètres, les préparatifs, les imprévus et parfois quelques petits moments de solitude dans les coulisses. Mais il suffit d’un rideau qui s’ouvre, d’une musique qui démarre, d’un regard complice dans le public ou des applaudissements inattendus pour se rappeler pourquoi on fait ce métier.

Et puis, il faut bien l’avouer : après vingt ans à collectionner les perruques et les robes à paillettes, il serait dommage de tout arrêter juste au moment où je commence à savoir marcher avec des talons !

Et vous, quelle question aimeriez-vous me poser ?

Il n’y a pas de question ridicule lorsqu’elle est posée avec curiosité et bienveillance. Le transformisme est un univers qui intrigue, surprend et fascine parfois. Et j’aime aussi ces moments d’échange qui permettent de faire découvrir l’envers du décor.

Alors, si vous avez une question sur les costumes, le maquillage, les spectacles ou les coulisses, n’hésitez pas à me laisser un message. Je me ferai un plaisir d’y répondre.

Enfin… sauf si vous me demandez combien j’ai dépensé en perruques depuis vingt ans.

Il y a des secrets qu’une dame préfère garder !

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